La Ligue des champions, coupe annuelle des clubs de l’UEFA, est depuis 1955 l’événement phare du football européen qui voit s’affronter dans des matchs dantesques les géants du continent comme le Real, le PSG, le Barça ou encore le Bayern… Autant de noms légendaires dans l’histoire de cette coupe au retentissement énorme. Mais cette coupe ne fait pas le bonheur de tous et sait également susciter de violentes critiques de la part des petits clubs – par exemple – parfois bien méritées. Peut-on croire en la possibilité qu’une réforme intelligente réconcilie les uns et les autres autour du ballon ?

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Le premier problème justement, c’est la consécration sans surprise des mêmes équipes au sommet du football européen dans la plupart des éditions. Ainsi, le Real Madrid, l’Ajax Amsterdam, le Bayern Munich, l’AC Milan et Liverpool sont tous détenteurs d’un trophée permanent obtenu à la suite de cinq titres ou de trois années successives de conservation du titre de champion européen. Il n’est pas compliqué ici de comprendre que les “petits et moyens” clubs ne monteront jamais sur le podium. En effet, il faut pour cela que le club puisse avoir les moyens d’acheter les grands joueurs du moment et de se payer un entraîneur à la mesure de ces ambitions. Ce qui n’est donc possible que pour de grands clubs, soutenus par de puissants sponsors ou par de grasses redevances télévisuelles, véritable nerf de la guerre et enjeu de toutes les tractations.

Les clubs des villes moyennes, même s’ils participent, sont comme exclus d’emblée de ces rêves de trophée. Il apparaît bien complexe, et sans doute illusoire, de tenter de changer cet état de fait puisque ce serait remettre en cause le principe même de club et toute leur organisation.
Par contre, il y a d’autres pistes plus intéressantes à explorer. Il serait possible par exemple de diviser cette coupe en deux événements simultanés, à l’instar des Ligues 1 et 2 en France. Bien sûr, on bute très vite sur le problème de calendrier qui s’oppose à une multiplication exponentielle des dates de match. Mais tout de même, il pourrait être sympathique d’avoir une finale européenne entre des clubs moins médiatisés, comme un duel entre le Stade rennais et le Celtic, pourquoi pas !

Ou sinon, et ce programme serait plus ambitieux, j’entends par là difficile à mettre en place (euphémisme), on pourrait songer à créer deux championnats jumeaux de niveaux différents et dont les deux vainqueurs se retrouveraient dans une finale épique, un nouveau duel de David contre Goliath des temps modernes.
Enfin, la piste la plus intéressante et la plus réaliste consisterait peut-être à accepter de créer un système de handicap pour les équipes, relatif par exemple à leur niveau dans le classement UEFA ou au prix des joueurs qui composent le club. Mêmes farfelues, les possibilités de pondération des scores pour redonner une chance au football des clubs moyens – les plus nombreux -, sont nombreuses et pourraient devenir nécessaires.

Arbitrage vidéo feature

Alors que cela faisait des années que l’on parlait d’un possible arbitrage vidéo des matchs de football, voilà que la chose devient aujourd’hui concrète. Mais qu’en est-il exactement ? Quels sont les avantages et les inconvénients de ce type d’arbitrage ?

Les avantages

L’arbitrage humain ne peut pas être totalement impartial et juste, du fait qu’il est impossible pour l’homme (soit l’arbitre) de tenir compte de l’ensemble des raisons, des faits et des circonstances. L’arbitre dispose de trop peu de moyens pour tout analyser à vitesse réelle. A contrario, un arbitrage vidéo en est capable, puisque le match est filmé et que des images attestent de ce qui se passe réellement sur le terrain. L’arbitrage vidéo permettrait donc d’avoir une vision intégrale et de fournir un arbitrage plus juste.

Arbitrage vidéo

De plus, il permettrait au coach et aux joueurs des deux équipes présentes sur le terrain d’être plus confiants par rapport à cet arbitrage.

La présence d’un arbitrage vidéo pourrait également permettre un meilleur respect des règles du jeu et favoriserait un meilleur comportement en toutes occasions. Les joueurs sachant qu’ils sont filmés, ne se permettraient plus, ou moins, les écarts de conduite qui non seulement nuise au jeu mais à la réputation même du football.

Face à ces différents aspects, on peut considérer que l’arbitrage vidéo est une bonne chose. A condition néanmoins, qu’il soit associé à un arbitrage humain et que la décision finale soit celle de l’arbitre, en fonction de tous les éléments qui seront à sa disposition. En effet, s’aider de la technologie, oui, mais il faut faire attention à ne pas enlever l’homme du cœur du débat.

Les inconvénients

Le football est une discipline sportive pratiquée et arbitrée jusqu’ici par des humains, ce qui implique nécessairement des erreurs. Ne dit-on pas que l’erreur est humaine ?! C’est cette dimension qu’il faut veiller à ne pas perdre avec l’arbitrage vidéo. La part d’humanité et d’incertitude inhérente à tout sport est ce qui lui apporte de la noblesse et de la beauté. Il est dont important de la conserver.

On peut également penser que l’arbitrage vidéo nuirait à l’émotion et à la spontanéité des joueurs. Le jeu perdrait alors de sa vivacité, ce qui ennuierait le public autant que les joueurs. Le football est vivant et doit le rester.

Autre inconvénient, on peut supposer que l’attente des joueurs face au résultat de la vidéo anéantirait leur explosion de joie sur le vif. Les deux équipes et le public pourraient alors se retrouver dans une forme d’attente émotionnelle qui ralentirait la dynamique du match. Et c’est cette dernière qui procure toute la magie à un match de football, la perdre serait préjudiciable.

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Et puis de quelle manière utilisée la vidéo ? Jusqu’où la remonter pour décider si une faute a été commise ou non. Par exemple, si une faute est commise avant un but et qu’on ne la signale pas, jusqu’où faudra-t-il remonter la vidéo pour annuler le but ? Autant de questions qui laisse à réfléchir.

Objectons, que l’arbitrage vidéo, s’il est associé à l’arbitrage humain et qu’il est intelligemment utilisé, pourrait être intéressant.

Pourquoi la Coupe du Monde au Qatar est une hérésie feature

Le Qatar a été choisi en décembre 2010 par la FIFA pour être l’organisateur de la 22e Coupe du monde de foot en 2022. Cette décision a immédiatement fait l’objet de critiques très sérieuses, si bien qu’il apparaît maintenant incroyable et déraisonnable de maintenir cette édition au Qatar.

Qatar 2022 FIFA

 

Une équipe nationale très faible

L’équipe nationale du Qatar se traîne actuellement à la 101e place au classement général de la FIFA. De plus, elle n’a jamais passé l’étape des sélections pour jouer en Coupe du monde. Il n’est pas bien compliqué de comprendre que la culture du foot, si elle se développe sans doute au Qatar, n’est que très récente. Il faut encore souligner que le Qatar sera le pays le moins peuplé à accueillir une Coupe du monde. Il était très étonnant, voire stupide, dans ces conditions de choisir le Qatar comme pays organisateur. Et pourtant…

Des soupçons de corruption au sein de la FIFA

Mais au lendemain de l’annonce, le Sunday Times et la BBC criaient déjà au scandale et ouvraient là une longue affaire de corruption qui devrait secouer la FIFA pour quelques années. Le manque de justification de la décision a conduit la FIFA à ouvrir une enquête interne sur les conditions d’attribution des Coupes 2018 et 2022 respectivement à la Russie et au Qatar. Sans disserter sur la véracité de ces accusations, il s’agirait d’une explication vraisemblable pour cette décision si mauvaise.

Une Coupe du monde en hiver

Mais si les problèmes se posant déjà ne suffisaient pas, le Qatar a par ailleurs décidé de changer la date de l’événement. En effet, la Coupe du monde de 2022 a été déplacée en hiver après de nombreux débats. Elle se déroulera du 21 novembre au 18 décembre, pour s’achever une semaine avant Noël. Cette décision majeure répondait aux inquiétudes de nombreux acteurs du football quant aux conditions climatiques d’une Coupe devant se dérouler en plein été dans le désert par plus de 40°C.

La commission d’organisation a tout d’abord proposé des solutions extravagantes pour créer de l’ombre artificielle ou climatiser les stades avant de se rétracter et de proposer une autre solution. Les nouvelles dates retenues devaient permettre de gêner le moins possible l’organisation des autres championnats régionaux ou nationaux. Mais bien sûr c’est impossible, puisque justement la plupart des championnats sont calés sur le calendrier immuable des Coupes. Cette décision entraîne donc des décalages d’une dizaine de journées sur plusieurs événements et les acteurs du football ont été nombreux à élever la voix pour critiquer ce choix.

Des infrastructures largement insuffisantes

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Enfin, de vives critiques se sont élevées au sujet du manque notoire de places d’hébergement au Qatar. Le nombre d’hôtels construits dans le pays devrait être inférieur de moitié aux standards requis par la FIFA. La construction des stades a également pris beaucoup de retard et les conditions de travail des ouvriers ont attiré l’attention des organisations de défense des droits de l’homme après des pertes humaines de près de 2 000 ouvriers sur le chantier.

Il sera donc très étrange de voir – ou de ne pas voir pour ceux qui opteront pour le boycott – cette Coupe du monde en hiver avec une équipe aussi mauvaise.

Il y a maintenant presque douze ans et bientôt trois Coupes du monde, la France perdait en finale face à l’Italie au terme d’une séance acharnée et angoissante de tirs au but. Qui n’a pas eu la gorge serrée en repensant à ces douloureux moments pour la fierté du supporter ?

Mais c’est le principe même de tirs au but qui entraîne ces situations ubuesques. Finalement c’est une drôle d’idée de confier successivement à tous les joueurs la responsabilité individuelle de faire tenir leur équipe un tour de plus. La victoire en finale du plus gros événement sportif de tous les temps peut reposer sur les épaules – et au coin du pied – d’un seul joueur, quand on nous promettait un sport collectif. Et puis pourquoi décider de donner cette responsabilité encore plus lourde au gardien puisque sur l’un des deux se cristalliseront toutes les peines et les regrets des supporters de l’équipe vaincue ? Une part trop grande est laissée au hasard.

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Bien sûr cette question n’est pas nouvelle et des solutions ont déjà été proposées à maintes reprises pour améliorer, modifier ou même supprimer ce système. Tout d’abord, une innovation progressivement introduite dans les règlements a consisté à modifier les “schémas” de jeu. C’est-à-dire qu’auparavant, une équipe tirait le premier tir au but, puis les deux équipes se succédaient alternativement en suivant un ordre ABABAB (A et B sont les deux équipes). Mais un débat entre acteurs du foot, supporters ou membres des confédérations a permis d’identifier un modèle ABBABA qui serait plus fiable dans un souci d’égalité. Ici, la deuxième équipe à jouer tire deux fois de suite avant de continuer sur une alternance binaire. L’enjeu est de gommer l’avantage d’être la première équipe à engager.

Si l’on veut aller plus loin, une proposition a fait beaucoup de bruit dans le monde du ballon rond. C’est là une étude du “Journal of Sports Economics” dans laquelle plusieurs économistes du sport proposent de jouer la séance de tir au but avant de jouer les prolongations. Dans ce cas, dès que les prolongations seraient rendues nécessaires, la séance de tir au but serait jouée avant et se terminerait par la victoire d’une des deux équipes. Mais ce résultat ne serait pris en compte que si les prolongations jouées ensuite débouchaient sur une égalité. Ce fonctionnement inédit pourrait augmenter l’agressivité des équipes lors des prolongations en donnant “l’énergie du désespoir” à l’équipe virtuellement perdante. En effet, une victoire lors des prolongations effacerait le résultat des tirs au but puisque leur raison d’être disparaîtrait.

Pour aller examiner encore d’autre solution, il est possible d’imaginer une augmentation du temps des prolongations. Même s’il faut reconnaître que les tirs au but ont cet avantage de trancher le suspense bien plus vite en évitant à deux équipes bien fatiguées de s’épuiser dans un jeu stérile et inintéressant à regarder.

Depuis la première Coupe du monde de football organisée en 1930, aucune sélection nationale africaine n’a réussi à atteindre le stade de la demi-finale. Et pourtant, le continent fournit à chaque édition environ cinq sélections. Mais plusieurs raisons expliquent ce fait étonnant.

Tout d’abord, c’est la décolonisation progressive du continent qui a permis l’émergence de sélections nationales qui n’existaient pas auparavant. De plus, ces équipes n’ont pas les mêmes moyens pour l’entraînement de joueurs que dans les pays européens, pourvoyeurs de nombreuses équipes victorieuses. Mais on observe une progression du niveau de ces équipes africaines au cours des dernières années. En effet, depuis 1998, il y a chaque année une ou deux équipes qui atteignent le second tour. Et une équipe africaine est arrivée en quarts de finale en 1990, 2002 et 2010. L’équipe d’Afrique du Sud aurait pu saisir sa chance en 2010 en qualité d’équipe hôte mais son niveau n’était pas suffisant.

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Mais il est possible que le Mondial 2018 voit une équipe africaine arriver pour la première fois en finale. La victoire n’est pas acquise car les favoris ont un niveau technique excellent. Les cinq nations sélectionnées pour participer à la 21e Coupe du monde en Russie sont dans l’ordre le Nigeria, le Maroc, la Tunisie, l’Égypte et le Sénégal. L’équipe du Nigeria a connu une montée en puissance fulgurante dans la dernière décennie, qui est à rapprocher du développement économique tout aussi fulgurant de son pays, mais elle n’a pas pu remonter au-delà de la 50e place de la FIFA. La sélection d’Égypte se maintient depuis plusieurs années à un niveau correct, soit à la 31e place. Le Sénégal par contre a vraiment délivré une excellente performance puisque son équipe atteint cette année une honorable 23e place, à la tête de la Confédération africaine de football. Enfin, le Maroc et la Tunisie obtiennent respectivement les 40e et 27e places.

Dans cette configuration, il serait tentant mais très spéculatif d’imaginer qu’une de ces équipes puisse sortir victorieuse d’une finale assurément historique. Autant le Nigeria et le Maroc peuvent être capables de battre les concurrents de leur groupe (4), autant ils n’auront que peu de chances dans un duel en quarts de finale. Mais il est possible qu’une des trois équipes restantes (Tunisie, Égypte, Sénégal) se maintienne au-delà des 1er et 2e tours pour aller concourir en quart, en demi, voire en finale. Il faudra pour cela éliminer un féroce triplé nordique (Suède, Danemark, Islande) ainsi que le Costa Rica et l’Iran pour ensuite obtenir le droit d’affronter les autres pays classés. Finalement, il serait souhaitable que les groupes 3 et 4 sortent chacun un pays africain en tête, et là seulement la victoire paraîtra moins lointaine. Il ne faut jamais oublier que le foot réserve bien des surprises et que la victoire pourrait finalement revenir à un outsider que personne n’attendait, cela s’est déjà produit…